Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Olivier Zuchuat


2014

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CH, FR, GR

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87'



SYNOPSIS

Entre 1947 et 1951, le Gouvernement Grec a interné sur l’île déserte de Makronissos près de 80’000 soldats et civils (hommes, femmes, enfants). Ils avaient participé à la résistance contre l’occupation nazie et étaient suspectés d’appartenir ou appartenaient au Parti Communiste Grec. Ils devaient y effectuer des activités de « rééducation » destinées à leur faire signer des « repentances idéologiques » et réintégrer « le droit chemin » tracé par les idéologues de l’extrême droite nationaliste du Roi Paul. Beaucoup s’y refusèrent, subirent des tortures parfois fatales, mais ne renièrent jamais leurs convictions marxistes. On les appelait les « irréductibles »…
Parmi eux, de nombreux artistes, intellectuels et universitaires. Une activité poétique intense se développa dans le camp, encouragée par l’un des plus célèbres « irréductibles », le poète Yannis Ritsos qui s’est astreint à écrire chaque jour – sur des paquets de cigarettes ou des morceaux de cartons – des poèmes qu’il enterrait dans des bouteilles et qui ont pu être ramenés du camp. Les poèmes de Yannis Ritsos, Menelaos Loudemis, ou encore Tassos Livaditis évoquent tant les « états intérieurs » des exilés que les événements de la vie du camp ; Ils donnent à imaginer ce laboratoire barbare tout entier destiné à la « reprogrammation mentale » des résistants communistes. Ces textes poétiques sont organisés en un scénario écrit dépeignant la (sur)vie dans cette colonie pénitentiaire, décrivant les tortures psychologiques et les techniques de lavages de cerveaux mises en place.
« Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit » mêle ces écrits poétiques avec des textes de rééducation qui étaient diffusés en permanence dans les haut-parleurs des camps. De longs travellings, tels des mouvements hypnotiques, arpentent les ruines des camps et “se heurtent” aux archives photographiques. Un essai filmé qui ranime la mémoire de ruines oubliées et d’une bataille perdue. Un objet cinématographique à la frontière de l’essai documentaire, de la poésie littéraire et du cinéma expérimental…


CRÉDITS

Réalisation, image, montage : Olivier Zuchuat

Scénario littéraire : Olivier Zuchuat, Eleni Gioti

Assistante à la réalisation, recherche littéraire : Eleni Gioti

Collaboration artistique : Corinne Maury

Conseiller Histoire : Stratis Bournazos

Machiniste : Carlos Sturmey

Assistants machinistes : Thanassis Karabelos, Yorgos Rigas

Son : Aris Athanassopoulos

Montage son : Vincent Montrobert, Julien Bourdeau

Mixage : Denis Séchaud

Voix grecques : Tassos Raptis, Kostas Vassardanis, Yannos Perlegkas, Manos Vakoussis, Periklis Moustakis

Voix française : Jean-Claude Dauphin

Étalonnage : Ulrich Fischer

Scannage des archives photographiques : Ifigenia Tzimouli, Eleni Gioti

Direction de Production – France : Sophie Daniel

Administration – France : Arlette Vaurs, Véronique Foulon, Sophie Guyon

Administration – Grèce : Dimitra Balamouti

Administration – Suisse: Suzanne Meier, Monika Bregger, Stephenie Hernandez

Producteurs : Pierre-Alain Meier, Xavier Carniaux

Co-producteurs : Thanos Lambropoulos, Olivier Zuchuat

Produit par : AMIP, Prince Film

Co-produit par : Radio Télévision Suisse (RTS), Periplus, Les Films du Mélangeur

Avec le concours de : Pong Film (Merle Kroeger & Philip Schaefner)

Avec le soutien de : Office fédéral de la culture (DFI), CNC, Conseil Général de Midi-Pyrénées, Fonds Regio Films avec la Loterie Romande, Fonds culturel de Suissimage, Fonds Succès Cinéma

 

Avec les poèmes :

Yannis Ritsos

Temps Pierreux : A.B.C., Temps, Prêts, Soir, Alexis

Dits par : Tassos Raptis


PRIX, NOMINATIONS

PRIX DU JURY OECUMÉNIQUE – DOK LEIPZIG 2012

PRIX DU JURY – FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM MÉDITERRANÉEN DE TÉTOUAN 2013

PRIX DU JURY – FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INSULAIRE (GROIX, 2014)